[Collectif-93-de-resistance-au-controle-social] Affaire du Gers :Chiens policiers sur les Elèves, dans les classes...

bruno perceboisbruno at club-internet.fr
Lun 1 Déc 21:27:02 CET 2008


 

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On lâche les chiens policiers sur les élèves dans les classes :

 

1 /  Ecole des Métiers du Gers

(récit de Patrick Poumirau, professeur témoin des faits) 

 Lundi 17 novembre 2008, 10h. 30, 

Descente musclée de la gendarmerie dans les classes. Je fais cours quand,
tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail
4 gendarmes décidés, accompagnés d'un maître-chien affublé de son animal.
Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien
est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose
des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est
possible. On ne me répond pas, j'insiste, on me fait comprendre qu'il vaut
mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l'ambiance est lourde,
menaçante, j'ouvre une fenêtre qu'un gendarme, sans rien dire, referme
immédiatement, péremptoirement. 

Le chien court partout, mord le sac d'un jeune à qui l'on demande de sortir,
le chien bave sur les jambes d'un autre terrorisé, sur des casquettes, sur
des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et
là encore on demande à l'élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle
fois, on m'impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait
ouvrir les portefeuilles, des allusions d'une ironie douteuse fusent.

Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d'une
heure. Une trentaine d'élèves suspects sont envoyés dans une salle pour
compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d'enlever
leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y
a des mineurs.

Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève en ressort un
ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut toujours porter
plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves
devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance :
« Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l'hosto
! »

Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande
agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J'apprendrais
par la suite qu'aucun évènement particulier dans l'établissement ne
justifiait une telle descente. 

La stupeur, l'effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans
les jours qui suivent qu'ils dramatisent. Ils m'interrogent une fois la
troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication
de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des
gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l'abattoir sans réagir :
l'effet surprise laisse sans voix, l'effet surprise, indispensable pour
mener à bien une action efficace, scie les jambes.

Ensuite, dans la journée, je m'étonne de ne lire l'indignation que sur le
visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte.
Certains ont même trouvé l'intervention normale, d'autres souhaitable.

Je me dis qu'en 50 ans (dont 20 comme prof), je n'ai jamais vu ça. Que les
choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés
subissent l'assaut d'une idéologie dure. 

Ce qui m'a frappé, au-delà de l'aspect légal ou illégal de la démarche,
c'est l'attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants,
ironiques, agressifs, méprisants, sortant d'une classe de BTS
froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr
il n'y a que des garçons, les félicitant d'avoir bien « caché leur came et
abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n'auraient pas
agi autrement. C'est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces
gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu'ils
devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis
d'un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et
terrorisent les jeunes. 

Mercredi 19 novembre 2008

 
<http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495235-Les-gendarmes-traquent-le
-shit-dans-les-cartables.html>
http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495235-Les-gendarmes-traquent-le-
shit-dans-les-cartables.html

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2 / Collège de Marciac (32)

Un papa un peu bouleversé et très en colère !!!

J’ai eu cette semaine un mail concernant une descente de police dans un
lycée du Gers .....On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter.
J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées....Mais vous savez
parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage....

 Bref je reste interrogateur !

Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé -elle a 13 ans- de retour du
collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au collège....colère à
l’intérieur de moi.... révolte...... que faire ???

J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté.

Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :

« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire
une prévention pour les 4ème et les 3ème.Ce mercredi là (19/11/2008), toutes
les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les
profs.

A peine 10 minutes plus tard - nous étions assis-, deux gendarmes faisaient
déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les
regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori
au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant
entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un
monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et un
gendarme très gros.Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un
chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas !
Quand il mord, ça pique ! »

Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord,
ça pique ! »

Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et
le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe
tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien
s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et
arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son
bureau bouche bée.Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi.
Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec
toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée
à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! » Elle a
rougi et emporté aussi son blouson.

Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors
sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le
retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de
me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin,
non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe.

Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille.
Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils
s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider
les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la
seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller
les poches par une gendarme.

Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui
fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et
cherchait dans mes doublures.

La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les
personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait
dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.


C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards
des deux autres gendarmes.....


Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le
surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le
reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit
enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans
mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à
l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais
avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont
souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis
de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien
trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains
sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste
mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!

Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! » La
fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a
dit : « tu peux ranger ! ».J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans
mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où
j’habite.

De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai
répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à
me consacrer au math ! Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la
classe à coté m’a aussi raconté.

Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même
traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené à
l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires
m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de
hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le
WE dernier elle a assisté à un concert !

Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.

Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que
bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde. Une prévention
? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?

Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y
avait à manger dedans. Elle a eu très peur.

Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi surpris que
nous !

Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question :


Que se passe t il ?


Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement
concernés ! »

Zoé.D.R 

Qu’en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?

Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège a juger
important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008,
il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien.
Combien de parents sont au courant ?

Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème et
3ème.


Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas....


Frédéric

 
<http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/27/499588-Auch-Polemique-sur-les-co
ntroles-de-stupefiants-au-college.html>
http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/27/499588-Auch-Polemique-sur-les-con
troles-de-stupefiants-au-college.html

 
<http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495235-Les-gendarmes-traquent-le
-shit-dans-les-cartables.html>  

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